LES EICOSANOÏDES EN SIMPLE
Les eicosanoïdes sont les agents biologiques les plus puissants que l'homme ait jamais connus. Leur fonction est de nous garder en vie et en santé. Elles sont des superhormones qui contrôlent tous les systèmes hormonaux et presque toutes les fonctions physiologiques vitales de l'organisme, un peu comme une puce électronique qui contrôle la majeure partie de notre ordinateur personnel. Elles sont produites par toute cellule vivante du corps humain et agissent comme une glu moléculaire qui retient l'ensemble de l'organisme humain. Contrôler les eicosanoïdes, c'est contrôler sa santé.
Il existe plusieurs sortes d'eicosanoïdes. Elles sont regroupées en différentes familles qui portent des noms assez difficiles à prononcer comme les prostaglandines, les thromboxanes, les leucotriènes, les lipoxines et les acides gras hydroxylés. Elles font toutes parties d'un axe hormonal extrêmement complexe et presque invisible. Elles agissent à des concentrations infimes d'une cellule à l'autre des systèmes cardiovasculaire, immunitaire, nerveux central, de reproduction, ainsi de suite. Leur durée de vie se compte en secondes: elles apparaissent, agissent et s'autodétruisent en un clin d'œil. C'est pourquoi elles apparaissent mystérieuses, passagères et toutes-puissantes. Elles sont, de bien des points de vue, l'équivalent biologique des quarks en physique.
Ces superhormones existent depuis plus de 500 millions d'années. En fait, elles constituent le premier système de contrôle développé par les organismes vivants. Cependant, les différents types d'eicosanoïdes n'ont été découverts que récemment et graduellement entre les années 1936 et 80. Les premières découvertes relatives aux eicosanoïdes ont valu à leurs auteurs le prix Nobel de médecine en 1982.
Comme toutes les hormones, elles agissent comme des systèmes de contrôle comportant des fonctions antagonistes. Etant donné qu'il constitue le système hormonal le plus puissant de tous, il est préférable d'assurer le bon équilibre de ses fonctions antagonistes pour être en bonne santé car tout déséquilibre entraîne la maladie. Il s'agit du mécanisme d'équilibre cellulaire ultime de l'organisme. En fait, les médicaments les plus puissants qu'on retrouve dans tout cabinet pharmaceutique sont conçus pour influencer le taux des eicosanoïdes dans l'organisme. Cependant, malgré leur rôle crucial dans le maintien de la santé, elles demeurent des hormones très peu connues de la communauté médicale.
L’équilibre entre différents types d’eicosanoïdes joue un rôle déterminant pour maintenir une santé optimale et pour contrôler l’évolution des maladies et la sévérité des symptômes. Depuis leur découverte, des moyens diététiques, nutraceutiques ou pharmaceutiques sont élaborés dans le but d’influencer les effets des eicosanoïdes dans l’organisme. La découverte des eicosanoïdes ouvre un nouveau paradigme en médecine sous lequel un grand nombre de maladies, sinon toutes, peuvent être groupées. Par exemple, les prostanoïdes (prostaglandines et thromboxanes) sont directement reliés aux troubles cardiopathologiques, les leucotriènes aux problèmes d'allergies et les constrictions des bronches alors que les lipoxines et les acides gras hydroxylés sont impliqués dans les réactions inflammatoires et la régulation du système immunitaire. Ce nouveau paradigme explique les maladies en termes d’équilibre entre différentes eicosanoïdes à effets antagonistes de telle sorte qu’une maladie (que ce soit une cardiopathie, un cancer ou une maladie auto-immune comme l'arthrite et diverses scléroses) ou la sévérité des symptômes sont, au niveau moléculaire, la conséquence d’une surproduction d’eicosanoïdes indésirables et d’une sous-production d’eicosanoïdes désirables.
Puisque les acides gras oméga-3 et oméga-6 sont les précurseurs des eicosanoïdes, ils deviennent les candidats cibles pour intervenir dans le contrôle des taux d’eicosanoïdes par une manipulation diététique. Trois d’entre eux sont les précurseurs de trois séries distinctes de superhormones : les eicosanoïdes de Série 1, de Série 2 et de Série 3. Toutes les fonctions de l’organisme sont régularisées par l’équilibre entre les eicosanoïdes de Série 1, de Série 2 et de Série 3. C’est ce à quoi se réfère la notion d’équilibre des eicosanoïdes.
Le concept d’équilibre des eicosanoïdes est fondamental pour l’entretien de la santé et le contrôle de l’évolution des maladies. L’une des principales fonctions des acides gras omega-3 est de régulariser le métabolisme et les effets des acides gras oméga-6. Par conséquent, les acides gras oméga-3, spécialement le EPA, régularisent l’équilibre des eicosanoïdes en contrôlant la situation dans laquelle les eicosanoïdes de Série 2 sont en excès. Les taux excessifs des eicosanoïdes de Série 2 génèrent des effets indésirables résultant de cette surproduction.
L’ingestion des acides gras oméga-3 EPA et de DHA à partir d’une source marine adéquate telle que le concentré de krill KRILEX permet de normaliser la surproduction des eicosanoïdes de Série 2. Les altérations chimiques qui suivent une augmentation de l’apport en acides gras oméga-3 EPA et DHA induisent un état physiologique bénéfique qui se caractérise par la production d'eicosanoïdes qui stimulent les effets anti-thrombotiques, anti-chimiotactiques, anti-vasoconstrictifs et anti-inflammatoires. Les acides gras oméga-3 EPA et DHA aident à maintenir l’équilibre bénéfique des eicosanoïdes et à prévenir le déclenchement en cascade de réactions chimiques néfastes en normalisant la surproduction indésirable de certains eicosanoïdes.
Il existe un autre facteur diététique important dans l'équilibre des eicosanoïdes: c'est la proportion de protéines par rapport aux sucres et aux lipides. Pour assurer un contrôle efficace, il est préférable d'essayer de maintenir le rapport protéines/glucides entre 0,6 et 1,0, avec un rapport cible idéal de 0,75. Ce rapport contrôle l'action, désirable ou non, des paires d'hormones insuline et glucagon qui est grandement influencée par les eicosanoïdes produites par l'acide arachidonique. Un apport trop grand en sucres, surtout du glucose, entraîne un effet hyperglycémiant qui est associé avec une élévation excessive d'insuline. Cet excès d'insuline conduit à des conséquences indésirables sur la santé. Les eicosanoïdes produites par l'acide arachidonique favorisent l'utilisation de l'insuline tandis que les eicosanoïdes produites par les acides EPA et DHA ont l'effet contraire.
On en conclut que l'équilibre des eicosanoïdes est contrôlé par la nourriture que nous mangeons, surtout par l'apport des acides gras oméga-3 EPA et DHA en fonction du rapport protéines/glucides idéal, et qu'un meilleur équilibre des eicosanoïdes conduit à une meilleure qualité de vie.